Avec quoi tu pars et avec quoi tu reviens d’un projet Erasmus – prof. Gavrilă Cristina
Les projets Erasmus ne sont pas de simples voyages pour lesquels on prépare un bagage ordinaire — des vêtements adaptés, des documents, des objets nécessaires — mais des expériences pour lesquelles, sans même s’en rendre compte, on prépare aussi un autre type de baggage: un bagage invisible, rempli d’émotions, de peurs et d’attentes. C’est ainsi que commence, le plus souvent, une mobilité Erasmus+.
Les élèves partent généralement avec enthousiasme, mais aussi avec des inquiétudes. Avec des questions non dites: « Est-ce que je vais me débrouiller? », « Est-ce que je vais bien m’entendre avec la famille d’accueil? », « Et si je ne trouve pas les mots justes? ». Dans leurs bagages, il n’y a pas seulement des objets, mais aussi des incertitudes, des comparaisons, des zones de confort dont ils ne sont pas encore prêts à se détacher complètement. Et pourtant, une fois arrivés dans un autre pays, à un autre rythme, dans une autre culture, un changement de perspective commence.
Au début, il y a de l’hésitation. Les mots viennent difficilement, les gestes sont prudents et chaque nouvelle situation ressemble à une petite épreuve. Mais, peu à peu, ce qui semblait difficile devient naturel, les conversations commencent de plus en plus facilement, les sourires apparaissent plus vite et les moments de silence ne sont plus aussi inconfortables. Le plus important, c’est que les élèves découvrent qu’ils sont capables de plus qu’ils ne le pensaient.
Lors de la mobilité Erasmus+ organisée au lycée Jean Puy de Roanne, du 12 au 18 mars 2026, les élèves du Lycée Théorique « Ovidius » ont vécu exactement ce type de transformation. Intégrés dans des familles d’accueil et dans la vie d’un lycée français, ils ont appris à s’adapter, à observer et à comprendre sans précipitation. Ils ont participé aux cours, à des activités éducatives, ont découvert une autre manière d’apprendre et d’interagir. Ils ont exploré des villes, échangé des idées, construit des relations. Mais au-delà de tout cela, ils ont appris quelque chose de plus important: que les différences ne doivent pas effrayer, mais rapprocher.
Au fil des jours, le bagage avec lequel ils étaient partis a changé. Certaines peurs ont disparu, d’autres se sont transformées en courage. À la place de l’incertitude est apparue la confiance. Au retour, les bagages sont, de manière surprenante, plus pleins — mais pas à cause des souvenirs matériels. Les élèves reviennent avec plus d’autonomie, plus d’ouverture et une nouvelle perspective sur le monde et sur eux-mêmes. Ils reviennent avec des souvenirs, des relations et ce sentiment discret d’avoir grandi, car un projet Erasmus n’est pas seulement une expérience d’apprentissage, mais aussi une expérience de construction de soi. Et ce que les élèves rapportent ne se voit pas immédiatement, mais se ressent dans leur manière de regarder, de parler et, surtout, dans la manière dont ils continuent à construire leur chemin.
What You Leave With and What You Return With from an Erasmus
Erasmus projects are not just trips for which you pack a simple suitcase—appropriate clothes, documents, necessary items—but experiences for which, without even realizing it, you also prepare another kind of baggage: an invisible one, filled with emotions, fears, and expectations. This is how, most often, an Erasmus+ mobility begins.
Students usually leave with enthusiasm, but also with worries. With unspoken questions: “Will I manage?”, “Will I get along with the host family?”, “What if I can’t find the right words?”. In their luggage, there are not only belongings, but also insecurities, comparisons, and comfort zones they are not yet ready to fully leave behind. And yet, once they arrive in another country, in a different rhythm, within a different culture, a shift in perspective begins.
At first, there is hesitation. Words come with difficulty, gestures are cautious, and every new situation feels like a small test. But gradually, what once seemed difficult becomes natural, conversations start more easily, smiles appear more quickly, and moments of silence are no longer so uncomfortable. Most importantly, students discover that they are capable of more than they thought.
During the Erasmus+ mobility held at Jean Puy High School in Roanne, from March 12–18, 2026, the students of “Ovidius” Theoretical High School experienced exactly this kind of transformation. Integrated into host families and into the life of a French high school, they learned to adapt, to observe, and to understand without rushing. They attended classes, took part in educational activities, and discovered a different way of learning and interacting. They explored cities, exchanged ideas, and built relationships. But beyond all this, they learned something even more important: that differences should not divide, but bring people closer together.
Over the course of the days, the baggage they left with changed. Some fears disappeared, others turned into courage. In place of uncertainty, confidence emerged. Upon returning, their bags are, surprisingly, fuller—but not because of souvenirs. Students come back with greater autonomy, more openness, and a new perspective on the world and on themselves. They return with memories, relationships, and that subtle feeling of having grown, because an Erasmus is not just a learning experience, but a journey of becoming. And what students bring back is not immediately visible, but can be felt in the way they look, the way they speak, and, above all, in the way they continue to build their path forward.